28.04.2007

Ségolène Royal, l'audace même

Ségolène Royal avait deux options stratégiques pour s'attaquer à l'électorat centriste.

La première, la plus classique était d'attaquer le programme de François Bayrou avant le premier tour. Etant donné le nombre de failles présentes dans la ligne stratégique de François Bayrou, il n'aurait pas était compliqué de récupérer 3 à 4 % des voix centristes. Conséquences de cette option, Nicolas Sarkozy aurait dû lui aussi s'attaquer à l'électorat centriste, l'obligeant à être sur deux fronts, le deuxième étant bien évidemment le FN. A partir de là, Nicolas Sarkozy n'ayant pas la même liberté d'action pour s'attaquer à l'extrême droite, le score de Jean-Marie Le Pen aurait certainement été plus important le soir du 22 avril et celui de François Bayrou plus faible. C'est pour cette raison que dans cet article, j'estimai que Jean-Marie Le Pen serait le troisième homme.

Une option stratégique qui avait l'avantage pour Ségolène Royal d'être certainement au coude à coude avec Nicolas Sarkozy le soir du premier tour. Mais qui avait l'inconvénient d'obliger François Bayrou à donner une consigne de vote pour le second tour. Avec le risque que son choix se porte vers Nicolas Sarkozy.

Et puis, il y avait la deuxième option qui consistait à ne pas attaquer plus que ça François Bayrou, jouer l'indifférence, et tout ceci afin de lui donner confiance. C'est ce qu'il s'est produit, François Bayrou se voyant haut dans les sondages s'est un peu plus dévoilé, n'hésitant pas à se positionner contre Sarkozy et se félicitant de la démarche de Rocard et de Kouchner. L'avantage de cette option, qui consiste à laisser un réservoir important de voix au centre c'est que, bien utilisée, elle permet d'être en position de force pour récupérer une majeure partie de l'électorat centriste au second tour, mais présente le risque de se mettre en danger pour le premier.

Et c'est cette option stratégique qu'a choisit Ségolène Royal. Depuis les résultats du premier tour, nous avons vu la candidate socialiste commencer à prendre François Bayrou à son propre jeu, le placer devant ses responsabilités. Allant jusqu'à lui proposer un débat afin de l'utiliser pour expliquer un peu plus aux français le pacte présidentiel.

Dans cet article, publié le 13 mars dernier et intitulé:"François Bayrou le début de la fin", je vous avais dit que François Bayrou s'était lui-même mis en difficulté et je vous invitais à découvrir après l'extrême centre, l'extrême chute. Dans les conditions actuelles je réitère cette invitation, surtout que la situation pourrait se compliquer un peu plus en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, en effet les anti-sarkozistes n'hésiteront pas une seconde à lui imputer une part de la défaite de Ségolène Royal. Donc le seul moyen pour François Bayrou d'éviter l'extrême chute, c'est d'opter pour une stratégie complètement différente pour les législatives. Tout en sachant que le choix est limité puisqu'il n'y a en a qu'une qui pourrait lui permettre
de se sortir de ce guêpier.

Quant à Ségolène Royal, une fois de plus elle a bousculé les lignes, montré qu'elle avait des nerfs d'acier et a fait preuve d'une sacrée dose d'audace. De ce fait, le « vote d'audace » proposé aux français avant le premier tour prend tout son sens.

Mais ce choix s'averra-t-il payant, rien n'est moins sûr, car pour que cette stratégie fonctionne complètement, il ne faut pas hésiter à porter des attaques franches envers la personne que l'on souhaite utiliser pour toujours garder le dessus. Jouer le sauveur à la place du sauveur tout ceci afin de mieux rassembler. Le débat entre François Bayrou et Ségolène Royal était une parfaite occasion de le faire mais il n'en fut rien.

A se demander si le grand gagnant de cette affaire ne va pas être Nicolas Sarkozy. Car ce débat va être analysé par les spécialistes de Nicolas Sarkozy. Un avantage non négligeable pour connaître la meilleure façon de se comporter le 2 mai et relever les points qui déstabilisent Ségolène Royal. Il ne manquerait plus qu'un poids lourd socialiste le rejoigne la semaine prochaine et l'affaire serait entendue.

Quoi qu'il en soit, le suspens suit son cours et la semaine qui se présente risque d'être assez compliquée pour la candidate socialiste, à moins que celle-ci nous réserve une dernière surprise plus percutante pour s'assurer la victoire. Car aujourd'hui c'est loin d'être le cas.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

19.04.2007

Nicolas Sarkozy l'intouchable

En tête dans les sondages depuis le mois de janvier, Nicolas Sarkozy semble intouchable pour le premier tour.

Il est vrai qu' il a particulièrement bien mené sa campagne, réussissant à ne pas être l'héritier des 5 dernières années gouvernementales tout en ayant le soutien de Jacques Chirac, il a de plus su retourner certaines attaques en sa faveur.

En terme d'attaque, je pense plus particulièrement à l'article de Michel Onfray. Là, Nicolas Sarkozy s'aventure sur le terrain de l'inné et de l'acquis, tout de suite beaucoup se disent que ce coup va lui faire mal. Pour ma part, après lecture, je me dis que ce coup va plus le conforter que l'affaiblir. D'ailleurs il n'hésite pas à revenir sur le sujet alors que l'affaire était en train de se tasser.

Le résultat est connu de tous, Nicolas Sarkozy est quasi certain d'être parmi les 2 personnes retenues dimanche.

Et ceci est loin d'être négligeable car il a pu commencer à préparer le second tour. Dernièrement Nicolas Sarkozy s'est beaucoup occupé de Jean-Marie Le Pen. Le but est évident, conforter dans leurs choix les électeurs qui d'habitude vote FN au premier tour et qui sont là prêts à voter pour lui. Mais surtout préparer le report des voix FN sur sa candidature au second tour. Un travail qu'il n'aura plus à effectuer entre les deux tours, et ceci est capital, car à partir de lundi c'est une autre campagne qui commence, projet contre projet. Une bataille différente s'annonce et qui se jouera certainement au centre.


Nicolas Sarkozy donc reste intouchable jusqu'à dimanche, mais après par contre rien n'est moins sûr. Surtout qu 'il y a la bombe lancée par le canard enchaîné sur un hypothétique accord entre Jacques Chirac et lui. Une bombe qui pourrait faire des dégâts, beaucoup de dégâts si elle explosait entre les deux tours.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

10.04.2007

Jean-Marie Le Pen, le troisième homme

Jean-Marie Le Pen, que certains avaient peut-être enterrés un peu trop vite, est en train de reprendre petit à petit son costume de troisième homme.

Le retrait dans les sondages de Jean-Marie Le Pen ne provient que du fait que sa campagne a été perturbée en janvier et février. Le temps passé à résoudre le problème des signatures était autant de temps en moins à faire campagne.

Mais malgré cela on voyait bien qu'il restait présent, toujours au dessus des 10 % dans les sondages.

Dans un premier temps Le Pen a essayé de se présenter sous un jour nouveau, plus modéré, mais cela n'a pas fonctionné. Alors désormais l'heure est venue pour lui de redevenir le candidat antisystème, et pour se faire la méthode est simple: choquer, durcir son discours, rentrer en confrontation direct avec les autres candidats, et afficher une confiance pour le second tour.

Alors Le Pen aurait la capacité de refaire le coup de 2002, eh bien non, même si il est probable que le patron du FN va jouer un rôle important dans le sprint final, il semble logique de penser qu'il ne sera pas au second tour. En effet il y a de forte chance qu'il faille plus de 20% pour accéder au second tour, un résultat difficilement réalisable pour Jean-Marie Le Pen.

Plus que l'accession au second tour, c'est son score le soir du 22 avril qui doit le préoccuper. Un score qui va conditionner l'avenir du FN, donc pour Jean-Marie Le Pen il faut absolument qu'il soit le troisième homme.

Il est évoqué qu'il pourrait être aidé dans sa tâche, difficile de l'affirmer .Mais il est évident que cela pourrait s'avérer très utile pour L' UMP comme pour le PS, si Jean-Marie Le Pen retrouvait sa place de troisième homme dans les sondages quelques jours avant le premier tour.

Si l'on ajoute à cela la part de l'électorat pro-Le Pen qui manifeste son choix seulement dans la derniere quinzaine, Le Pen sera sans doute considéré trés rapidement comme le troisième homme.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

07.04.2007

Election présidentielle .fr , ça monte, ça monte

Belle montée en puissance du site election-presidentielle.fr, qui a désormais une audience intéressante.

Pour le mois de mars un peu plus de 71 000 visites et pratiquement 163 000 pages vues. Soit une augmentation en un mois, de 35% pour les visites et de 45 % pour les pages vues.

Et cette progression devrait se poursuivre au mois d'avril.

De quoi donner le sourire à Yves-Marie Cann, qui a su obtenir à partir d'une équipe hétérogène, une ligne éditoriale cohérente et l'éclairage original souhaité.

Je vous invite à suivre de près ce projet dans les semaines qui viennent, des surprises sont à attendre et une animation particulière le 22 avril 2007 est probable.

Un éclairage original sur la campagne présidentielle cela vous intéresse, alors cliquez sur le lien qui suit: election-presidentielle.fr

13.03.2007

François Bayrou, le début de la fin

Coup de tonnerre pendant cette campagne présidentielle François Bayrou serait au coude à coude avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy .L'issue du premier tour serait désormais incertaine, enfin d'après les sondages.

Réaction immédiate du PS et de l'UMP.

Au sujet des propositions de François Bayrou, Nicolas Sarkozy indique:"Que propose François Bayrou? De mettre tout le monde dans le même faitout, comme on dit en cuisine, de mélanger et avec ça de pérenniser le système. C'est une stratégie de l'immobilisme".

Dominique Strauss-Kahn estime que :" la ligne de François Bayrou n'est pas une solution mais une illusion".

Une illusion, le terme n'est peut-être pas si loin de la réalité.

Depuis le début , la démarche de François Bayrou est claire, il se pose en "sauveur". Et afin de monter dans les sondages et accrocher l'opinion publique, il dénonce la Bipolarisation UMP-PS, la position de certains médias...


Mais après les dénonciations, voilà le temps des propositions et c'est là que tout se complique pour François Bayrou.

Prenons par exemple l'idée d'un gouvernement national avec des personnalités de gauche et de droite, les noms de Dominique Strauss-Kahn et Jean-Louis Borloo ont été cités.
Pour DSK sa position est désormais claire, pour Borloo elle le sera vers le 15 mars et certainement en faveur de Sarkozy. Il est vrai que ces 2 personnalités auraient été des alliés de poids mais puisque que ce ne sera pas eux, alors qui??

Du coup les ambiguïtés demeurent et dans une multitude de domaines.

Alors pourquoi une telle montée dans les sondages, la réponse est simple. Il y a fort à parier que les centristes de gauche et de droite ont utilisés les sondages pour faire pression sur Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal , sans pour autant adhérer réellement au projet de François Bayrou.

Mais ce n'est pas tout, en choisissant cette stratégie, François Bayrou s'est lui-même mis en difficulté.

En effet ce choix stratégique est rempli de faille et encore je pèse mes mots. Des failles que ses adversaires politiques ne vont pas manquer d'utiliser pour démonter le projet de François Bayrou. Le seul problème qu'ils ont pour le moment, c'est le choix de l'angle d'attaque. Mais une fois cet angle défini, nous allons assister à un véritable massacre.

Dans de telles conditions François Bayrou devrait, à partir de la semaine prochaine, baisser dans les sondages. Bientôt il ne sera plus le troisième homme.

In fine cette ligne stratégique va être lourde de conséquence pour l'UDF et pour François Bayrou. Pas seulement pour l'élection présidentielle mais aussi pour les législatives. Il risque d'y avoir beaucoup de mouvement à l'UDF dans les mois à venir.

Ce qui est dommage d'ailleurs car François Bayrou avait toutes les cartes en mains pour accéder au second tour mais pour cela le choix stratégique aurait du être tout autre.

Après l'extrême centre, je vous propose de découvrir l'extrême chute.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

06.03.2007

Objectif 2007

medium_Sondage.jpgElection-presidentielle.fr organise une nouvelle enquête en ligne auprès des membres de son panel d’internautes. Pour y participer, il vous suffit de cliquer sur l’image de gauche et d’inscrire votre adresse électronique sur le formulaire. Vous recevrez immédiatement un email d’invitation vous invitant à répondre au questionnaire.

25.02.2007

Ségolène Royal prépare la dynamique finale

Comme je l'indiquais dans l'article précèdent, Ségolène Royal devait créer un impact dans l'opinion publique à partir de cette semaine. C'est chose faite tout d'abord avec un passage réussi sur TF1, puis en présentant l'équipe du pacte présidentiel.

DSK, Jospin et Fabius entrent dans la danse.

Laurent Fabius devra continuer à mobiliser l'aile gauche du PS.

Lionel Jospin devrait être chargé de donner du poids à la candidature de la candidate socialiste au niveau de l'international.

Mais des 3, c'est certainement Dominique Strauss-Kahn qui va avoir dans les semaines qui viennent le rôle le plus important .Il est temps désormais pour Ségolène Royal d'aller conquérir le centre gauche et pour cela quelle meilleure arme que Dominique Strauss-Kahn .

Les bases sont désormais en place pour commencer l'explication du pacte présidentiel et ainsi mettre en oeuvre la dynamique finale. Par contre pour réussir Ségolène Royal devra se méfier à ne pas se faire étouffer par ces poids lourds de la politique et veiller à ce que chacun s'occupe de son rôle et uniquement de son rôle.

Quant à Nicolas Sarkozy l'heure est venue de passer à nouveau à l'offensive. Le premier à faire les frais d'un mois de mars très dynamique de la part de Nicolas Sarkozy va certainement être François Bayrou, puis viendra le tour de Jean-marie Le Pen s' il obtient ses 500 parrainages. Il y aura bien quelques attaques à l'encontre de Ségolène Royal mais la confrontation direct ne se fera que dans un troisième temps, dans la dernière ligne droite.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

15.02.2007

Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et autres candidats

Ségolène Royal a présenté dimanche 11 février son pacte présidentiel.
Un pacte constitué de 100 propositions.
Une présentation réussie qui n'a peut-être pas provoquée d'impact sur l'opinion publique pour le moment, mais qui lui a permis sans aucun doute de rassembler son camp et de rassurer ses troupes, étape obligatoire pour Ségolène Royal. A partir de la semaine prochaine, elle va devoir s'attaquer à la deuxième étape, marquer l'opinion. Tout va se jouer dans l'explication de la mise en oeuvre du pacte et surtout dans son argumentaire pour lever les zones d'ombres.

Quant au pacte, malgré de nombreuses critiques, il est bien innovant et ambitieux. Un mélange intéressant du programme du PS, de ses propres convictions et des propositions faites lors des débats participatifs.

Le mois de février était un mois important aussi pour Nicolas Sarkozy, pour lui la difficulté était complètement inverse. Faire preuve de patience, ne pas crier victoire trop vite, ne pas tomber dans le piège tendu par Ségolène Royal. Pour le moment Nicolas Sarkozy gère très bien la situation. On peut s'attendre à un mois de mars très énergique de la part de Nicolas Sarkozy, une fois que les positions de Ségolène Royal et de François Bayrou seront clairement identifiées.

François Bayrou, un candidat sur lequel j'ai très peu écrit, à part un article après son université d'été. Pour une simple et unique raison, je ne comprend rien à sa stratégie. Le buzz créé sur la bipolarisation ou sur le concept d'un gouvernement d'union national était intéressant pour démarrer la campagne mais cela ne sera suffisant pour atteindre le deuxième tour. Je ne vois que deux hypothèses soit l'homme compte nous surprendre dans les semaines qui viennent, soit l'homme est vraiment mal conseillé.

Quant à Jean-marie Le Pen tout va dépendre des parrainages, suivant l'obtention ou non des 500 signatures, sa stratégie sera radicalement différente. Donc je reviendrai sur le sujet une fois l'information connue.

Mais tout ceci n'est que spéculation...

05.02.2007

La candidature de Bové, une mauvaise nouvelle pour certains et une bonne pour d'autres.

José Bové est candidat à l'élection présidentielle.


Il déclare :"Je veux donner le choix à tout le monde de voter. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le duel Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy doivent pouvoir s'exprimer".

Une candidature qui complique un peu plus la position de Marie-George Buffet, à ce sujet elle indique:"une candidature de plus dans l'émiettement de la gauche".

Quoi qu'il en soit, si cette candidature n'arrange ni Buffet, ni Voynet, elle arrange peut-être un candidat. Et ce candidat c'est François Bayrou.

Tout va dépendre de l'impact de la candidature de Bové sur la campagne. Mais si Bové pèse réellement sur la campagne et réalise une percée significative dans les sondages, cela pourrait provoquer repositionnement plus a gauche de Royal. Laissant ainsi une marge de manoeuvre plus importante à Bayrou au centre.

Voila pourquoi l'UDF pourrait voir d'un très bon oeil la candidature de bové, et pourquoi pas l'aider à se développer et à prendre corps.

Reste à savoir, si cette stratégie est envisagée par François Bayrou et l'UDF, jusqu'ou ira cette aide. Parrainages, aide dans l'alimentation du buzz sur le web, etc ?

Mais tout ceci n'est que spéculation...

30.01.2007

Objectif 2007

medium_Sondage.jpgElection-presidentielle.fr organise une nouvelle enquête en ligne auprès des membres de son panel d’internautes. Pour y participer, il vous suffit de cliquer sur l’image de gauche et d’inscrire votre adresse électronique sur le formulaire. Vous recevrez immédiatement un email d’invitation vous invitant à répondre au questionnaire.

Toutes les notes